Le 10 septembre, la commune flamande d’Alveringem a célébré Cyriel Verschaeve, un prêtre et « poète » n4zi qui a collaboré avec l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Cyriel Verschaeve a été une figure notoire de la collaboration et du nationalisme flamand. A la sortie de la première guerre mondiale, il était d’ailleurs un des leadeurs spirituels du mouvement nationaliste flamand, le Frontisme.
Dès le début de l’occupation de la Belgique, Cyriel Verschaeve écrit Het Uur van Vlaanderen (L’Heure Flamande) dans laquelle il explique toute sa sympathie pour l’Allemagne nazie. En novembre 1940, il est nommé par l’occupation allemande à la tête du conseil culturel flamand. En 1941, il s’occupe de recruter des combattants pour la « Légion Flamande » qui va combattre l’URSS aux côtés de l’armée nazie. En 1944, il rencontre même Himmler, bras droit d’Hitler, pour parler de la « question flamande ».
Jusqu’à la fin de l’offensive des Alliés contre l’occupation allemande en Belgique, il continuera à recruter des jeunes néerlandophones pour rejoindre des divisions SS. Fin août 1944, il sera évacué par une unité SS. Il deviendra alors consultant du « gouvernement flamand en exil ». En 1947, il est déchu de sa nationalité belge et condamné par la justice belge à la peine de mort pour avoir collaboré. Il mourra en 1949 en Autriche. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
En 1973, des militant·es néerlandophones appartenant au groupe fasciste paramilitaire Vlaamse Militanten Orde (VMO) exhument la dépouille de Verschaeve pour le réenterrer en Flandre. Aujourd’hui, en 2023, en Belgique, des rues et des avenues continuent à porter son nom et des nostalgiques du nazisme le célèbrent encore.
Le fort de Breendonk est situé à Puers Saint-Amand. Il est utilisé par l’occupation comme centre de transit vers les camps de concentration, mais aussi comme un endroit de torture et d’exécution. En 2020, la N-VA et le Vlaams Belang se sont opposés au débaptisage d’une rue en honneur à Verschaeve dans la commune de Puers Saint-Amand, c’est-à-dire non loin d’un endroit où 303 juif·ves et résistant·es furent assassiné·es par le nazisme.
Les nationalistes flamand·es contemporain·es, N-VA, Vlaams Belang et autres, continuent de démontrer leur lien structurel et historique avec la collaboration allemande, le fascisme ainsi que l’antisémitisme, et ceci de manière de plus en plus visible. En témoignent par exemple aussi le monument nazi à Zedelgem (Flandre Orientale), la célébration de collaborateurs du nazisme par le parlement flamand en janvier 2021, ou tout simplement les ambitions politiques de partis comme celles du Vlaams Belang.
Sources :
https://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-1975-9-page-1.htm?try_download=1
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyriel_Verschaeve
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vlaamse_Militanten_Orde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_nationale_flamande

