Suite à l’expulsion de l’occupation « Toc Toc Nicole » qui accueillait plus de 80 demandeurs d’asile au 91 rue de la loi, un campement a été lancé sur la place Sainte-Croix, à Flagey, tant pour loger les demandeurs d’asile que pour alerter sur leur situation. Le mot d’ordre était simple : logement pour tous·tes. Les 80 personnes exilées ont obtenu une solution temporaire (2 hôtels ont été ouverts pour les loger) jusqu’à ce que leur cas soit pris en charge par Fedasil, après de longues négociations. 

Le 5 septembre, le bâtiment du 91 rue de la loi, ouvert par les sans-papiers et leurs soutiens le 23 avril dernier, a été expulsé. Ce bâtiment a permis de loger 80 demandeurs pendant cinq mois alors que l’Etat belge continue de transgresser sciemment les lois relatives à l’accueil des personnes exilées. Pour rappel, la Belgique a été condamnée plus de 8000 fois pour non-respect du droit fondamental des personnes exilées au cours des deux dernières années.

Suite à l’abandon des autorités à l’encontre des demandeur·ses d’asile, plusieurs occupations ont successivement été ouvertes puis expulsées par les forces de l’ordre. L’occupation Toc Toc Nicole s’est lancée après que le palais des droits, l’occupation de la digue du canal et l’occup’ fédérale aient été expulsées. Alors que notre gouvernement a l’obligation de prendre en charge les personnes exilées sur son territoire, il persiste à expulser les occupations ouvertes pour pallier ses manquements. 

Au camp Flagey, dans la nuit du 15 au 16 septembre, des individu·es extérieur·es au camp des demandeurs d’asile auraient tenté de rentrer dans certaines tentes afin de voler des effets personnels. Une bagarre violente a alors éclaté entre les demandeurs d’asile et les personnes venues les voler, 3 personnes ont été emmenées à l’hôpital. A ce stade-ci, il est difficile d’identifier la raison précise de cette attaque, si elle était uniquement motivée par le vol où s’il y avait également des motifs politiques derrière. Une enquête a été ouverte par la police judiciaire.

Le soir du 16, les 80 demandeurs d’asile ont eu accès à une place d’hébergement temporaire dans un réseau régional. Deux hôtels ont été mis à disposition jusqu’à, normalement, l’acquisition d’une place dans le réseau FEDASIL. C’est une bonne nouvelle pour nous. Mais nous savons que ce n’est que provisoire. Et Nicole de Moor continue de refuser les hommes, laisse consciemment des milliers de personnes dans la rue où la police nous chasse en permanence… déclare Amin, participant au camp. 

C’est une solution provisoire où le gouvernement fédéral ne prend aucune part. Il faut activer de manière urgente le plan de répartition dans les communes.déclare Andréa Rea, président du CIRE.C’est incroyable qu’une secrétaire d’état qui a juré fidélité à la constitution et à la loi du peuple belge continue de s’asseoir sur celle-ci de manière assumée. Elle met en danger l’Etat de droit.” 

Le collectif “Stop crise de l’accueil” commentait à la suite du relogement régional ; « Tant que les demandeurs d’asile seront systématiquement jetés à la rue à leur arrivée, que l’on continuera à refuser la régularisation aux personnes sans papiers, la situation continuera de se dégrader et de nouveaux camps de tentes risquent d’être créés et des bâtiments seront ouverts. La lutte continuera jusqu’à ce que le gouvernement belge accepte d’appliquer les solutions qui pourraient rapidement résoudre cette situation”. 

Dans la journée du 17 des activités festives et revendicatives étaient organisées à l’occasion de la journée sans voiture, renommée « journée sans toiture ». Des tables rondes et des prises de paroles ont été organisées. Des concerts, des animations et des moments de danse collectifs ont également eu lieu dans la bonne ambiance.

En bref, la lutte continue et le mouvement se poursuit face à un gouvernement fédéral qui continue à s’asseoir sur ses responsabilités. La politique migratoire en Belgique constitue un crime d’Etat. Elle perpétrée par des gouvernements ne se gènent pas pour bafouer le droit international et appliquer une politique illégale et inhumaine.

Sources :

Réseau-Ades

Collectif Mur-mures

Militants sur place