- Une superficie totale de 70 000 mètres carrés sur un terrain de 4 hectares
Une superficie totale de 70 000 mètres carrés sur un terrain de 4 hectares

Le sujet n’est pas nouveau : cela fait des années que la Région bruxelloise et les autorités états-uniennes poussent pour que l’ambassade américaine à Bruxelles déménage sur le site de l’ancienne banque ING dans la commune d’Etterbeek. Ce bâtiment de 70 000 mètres carrés, situé sur un terrain de plus de 4 hectares, a été vendu par les promoteurs immobiliers Immobel et Bésix Red au gouvernement des États-Unis.

Le déménagement des fonctions de l’ambassade, actuellement située rue de la Loi, est prévu en 2029. Dès cette date, le site de l’ancienne banque ING, entièrement rénové et sécurisé, accueillera la nouvelle ambassade américaine. En 2033, il abritera également la délégation américaine auprès de l’Union européenne.
Les agences immobilières responsables de la vente soulignaient dans un communiqué : « Ce projet stratégiquement situé permettra à l’ambassade des États-Unis auprès du royaume de Belgique et à la mission des États-Unis auprès de l’Union européenne de consolider leurs représentations diplomatiques à Bruxelles dans un lieu de travail sûr, sécurisé, durable et moderne ». La vaste taille de cette nouvelle ambassade illustre donc l’ampleur des liens présents entre les États-Unis, l’Union européenne et la Belgique.

Cependant, ce projet suscite déjà de vives inquiétudes chez les riverains, soucieux de préserver une mobilité fluide dans le quartier. Ils demandent également que l’ambassade prenne en charge la rénovation du parc alentour ainsi que d’autres équipements publics. Une crainte majeure porte sur les dispositifs de sécurité : les rues alentour risquent d’être transformées en zones de contrôles renforcés, et les dispositifs policiers seront très importants lors de sommets diplomatiques. Ce vaste projet immobilier risque de transformer en profondeur la vie des quartiers résidentiels voisins. Au-delà des impacts sur le confort de leurs habitant·es, rappelons que Bruxelles traverse une crise du logement particulièrement aiguë, et de tels projets ne contribuent en rien à l’améliorer.
La construction de cette nouvelle ambassade intervient dans un contexte politique et géopolitique tendu. Aux États-Unis, l’administration Trump multiplie les attaques contre les droits sociaux. Ces politiques ont récemment provoqué de fortes révoltes en Californie, notamment contre les déportations de personnes exilées et l’ensemble des politiques racistes menées par Donald Trump. Sur le plan international, les États-Unis continuent d’entretenir une alliance politique et militaire indéfectible avec l’État colonial israélien dans le génocide du peuple palestinien. Ils ont également imposé aux pays membres de l’OTAN une hausse du budget alloué à l’armement, impliquant inévitablement de nouvelles coupes dans des secteurs vitaux comme la santé.
Ainsi, s’installer sur un site aussi vaste ne se limite pas pour les États-Unis à changer d’ambassade : c’est un moyen de renforcer leur rapport hégémonique sur le monde occidental, et ce au cœur même de Bruxelles, en plein centre de l’Europe. Ce choix n’est pas anodin à une époque où le réarmement de l’OTAN est plus que jamais d’actualité et où les guerres impérialistes menées par l’Occident et ses alliés se multiplient à travers le monde.

Quoi qu’il en soit, il est certain que l’installation de cette nouvelle ambassade modifiera considérablement la qualité de vie des habitant·es des quartiers alentour, tout en s’inscrivant dans un contexte historique où les États-Unis semblent vouloir renforcer leur domination sur le monde occidental.

